Abbaye de Bonnevaux
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Abbaye de Bonnevaux

Bonnevaux, abbaye retranchée

Située St Jean de Bournay et La Côte-Saint-André, l’abbaye de Bonnevaux fût fondée sur la commune actuelle de Villeuneuve de Marc.
La présence des moines de Bonnevaux a marqué l’histoire de notre canton et encore aujourd’hui cette ancienne présence monacale reste inscrite dans le paysage à travers son patrimoine et ses étangs.

Il faut remonter au tout début du XIIe siècle pour expliquer la présence d’une abbaye dans notre région. A cette époque, c’est la règle bénédictine qui était enseignée dans les abbaye de France. Dom Etienne Harding, abbé de Cîteaux, qui préconisait un retour à une plus grande austérité et au travail manuel des moine comme l’exigeait originellement la règle de Saint Benoît., fonda l’ordre cistercien avec Bernard de Clairvaux, moine de Cîteaux, à partir de 1098. 

L’abbaye fut fondée en 1117 par Gui de Bourgogne, archevêque de Vienne, et Dom Etienne de Harding. Elle avait pour but de développer le tout nouvel ordre dans le Sud-Est de la France. Le site de l’abbaye fut établi dans une forêt rebaptisée « forêt de Bonnevaux » (bonne vallée)

 

Bonnevaux-abbaye-villeneuve de marc

Gravure de l’abbaye de Bonnevaux

 

Placée sous la protection du Pape et des seigneurs de la région, elle connut très rapidement un essor tant sur le plan spirituel, avec des adeptes de plus en plus nombreux, qu’économique.

En effet, les moines de Bonnevaux étaient des gens remarquables qui ont permis à la région de prospérer. L’activité économique des moines se basait sur trois ressources : le bois, l’eau, la terre.

  • Le bois exploité dans la forêt de Bonnevaux était utilisé comme matériau de construction (charpentes) et comme combustible. Il alimentait de nombreux fours pour la construction de tuiles, de briques et d’objets en verre
  • Les verreries apparaissent dès la fin du XVe siècle avec l’arrivée à Bonnevaux d’un abbé en provenance de Chambaran où elles existaient déjà. Il amène avec lui un maitre verrier, Jean de Chambaran qui s’installe dans la maison forte de Cazeneuve (circuit « sur les traces des moines de Bonnevaux« ). Les verreries se développent dans la région de Lieudieu : Crépet, Morfandière (château Avril), Chambaran puis Cholley construite plus récemment (fin XVIIe siècle) et qu’on peut toujours voir. 
  • Les moines pratiquaient les essartages, c’est à dire qu’ils ouvraient des territoires dans la forêt. 
  • Ils excellaient dans les techniques hydrauliques. Ils ont détourné les eaux du Gère pour alimenter le bief de l’abbaye afin de faire fonctionner des moulins. Sur le site de l’abbaye on peut d’ailleurs apercevoir les ruines d’un ancien moulin à farine. Ils construisirent également un grand nombre d’étangs. Ils permettaient aux moines de se nourrir de poissons et de vendre leurs pêches.  La terre leur donnait des récoltes qu’ils stockaient dans de vastes granges. Les granges de Bonnevaux, Grange des Valaises, Grange de Cholley, ont une architecture particulière, à trois nefs

 

etangs de bonnevaux terres de berlioz poisson

©S.Chappaz

  • Toutefois cette prospérité issue du savoir-faire des moines fût mise à mal par les querelles du XIIIe et XIVe siècle entre le Comte de Savoie et le Dauphiné. Il était donc importante pour les moines de se protéger. C’est ainsi qu’une bourgade fortifiée du nom de Bonnevaux fut érigée autour de l’abbaye.
  • Des maisons fortes furent également élevées par les moines. Ainsi un abbé de Bonnevaux fit construire au XIIe siècle son propre château « Casa Nova » (Cazeneuve). Cette maison forte était autrefois beaucoup plus grande qu’aujourd’hui. Elle avait quatre tours d’angles et elle renfermait dans son enceinte une chapelle et des oubliettes. 

 

maison forte cazeneuve ©MémoiredeBonnevaux

©Mémoire de Bonnevaux

 

  • Malgré les fortifications, l’abbaye de Bonnevaux fut mise à sac par les Calvinistes en 1576. Vers 1687, la rupture de la chaussée d’un étang provoqua une grave inondation. L’abbaye, marquée par ces événements, ne comptait plus que cinq ou six moines lorsqu’à la Révolution elle fût pillée et ravagée. En 1793 les ruines devinrent des biens nationaux et servirent à la construction. 
  • Aujourd’hui, il ne reste plus rien de l’abbaye. Seule une croix offerte par l’abbaye cistercienne de Tamié sur le site de Bonne Vallée et une prairie dépourvue de tout indice apparent nous rappelle l’existence de ce monastère. 

Source : Bonnevaux : Mémoire, études et anecdote. publication de l’association Mémoire de Bonnevaux (mai 1991)

Découvrez en vidéo l’histoire de l’abbaye cistercienne de Bonnevaux !

Vidéo réalisée en mai 2019 à l’occasion des 30 ans de l’association

 

En savoir plus

Informations complémentaires auprès de l’Association Mémoire de Bonnevaux 

Mairie
38440 CHATONNAY

www.memoire-bonnevaux.org